INSTITUT DE FORMATION THEOLOGIQUE POUR LES LAÏC (IFTL)
           INSTITUT : SAINT ANUARITE ET SAINT KIZITO

Il y a deux ans, le Père Djadji a créé un institut de formation des laïcs en théologie. Il relance la formation pour l’année académique 2018/2019. Le but de cet institut est de former en ligne les chrétiens catholiques sur la Bible et la doctrine de l’Eglise. Vous recevrez par mail les cours et aurez la possibilité de consulter notre site pour les conférences et suppléments de cours, colloques.

Qui peut être étudiant ?

Tout chrétien catholique qui désire se former pour être un véritable témoin de l’Evangile. Cet institut est international et a pour siège la Belgique.

Quelles sont les formations dispensées ?

Théologie: Nous enseignons la christologie, l'ecclésiologie, la mariologie et l'œcuménisme
Spiritualité: Un cours sur la prière (les psaumes)
Droit: un cours sur le mariage à l'Eglise est donné
Ethique: Nous donnons un cours sur les normes éthiques selon l'Eglise catholique.
Liturgie: Nous donnons un cours sur la messe, les différents gestes, comment participer à la messe
L'histoire: nous donnons un cours sur l'histoire de l'Eglise, son origine et son évolution jusqu’à nos jours.
Une attestation de formation pourra être délivrée à la fin de votre formation.
L'objectif: A la fin de cette formation, et même durant votre parcours, nous comptons vous donner des prérequis, des supports et outils théologiques qui vous permettront de guider des groupes de prière, des communautés et surtout pouvoir aider les prêtres sur vos paroisses dans l'enseignement de la catéchèse.

Qui sont les formateurs?

Les cours sont donnés par des prêtres diplômés en théologie, ayant au moins la licence canonique délivrée par le Saint Siège.

Où est donné ce cours?

Nous donnons ce cours en ligne, sur internet. C'est un cours à distance.

Fondateur: Père N'guessan Djadji Marius Hervé, Docteur en théologie dogmatique avec la collaboration du Père Guy Julien Mouloukou, Docteur en théologie biblique à l'Université Catholique de Louvain-la-Neuve en Belgique.

Secrétariat de l'institut: Mlle Nigée

Les cours 2018-2019

Première année

- Péché originel
- Ecclésiologie I
- Initiation à la théologie
- Méthodologie de recherche
- Histoire de l’Eglise : Du 1er au Vème siècle
- La théologie africaine : Peut-on avoir une théologie africaine ?
- La Bible
- Liturgie I
- Cours d’accompagnement et de méthodologie pour un mémoire en théologie

Deuxième année :

- Péché originel

- Initiation à la théologie

- Méthodologie de recherche

-Histoire de l’Eglise : Du 1er au Vème siècle
-Christologie
-Mariologie
-Théologie africaine
-Liturgie II
-Cours d’accompagnement et de méthodologie pour un travail de recherche et un mémoire en théologie
-Bible
-Droit canon : Initiation

Approfondissement des cours

Théologie africaine

Christianisme et quête d’identité
en afrique
La genèse et l’évolution de la théologie africaine
dans la tradition ecclésiale catholique romaine
Matthijs J.C. BLOK*

La revue de théologie
de la Faculté Jean Calvin


Le nœud du problème que nous osons croire à la base de la théologie africaine est le fait que, pendant la période de la traite des Noirs et la période de la colonisation, les Africains ont été dépouillés de leur âme et, donc, de leur identité par des Européens. S’il y avait eu un vrai respect vis-à-vis du peuple africain et un comportement fraternel entre les Africains et les Européens, la théologie africaine n’aurait pas un caractère aussi révolutionnaire.
Introduction
Au cours de l’histoire du XXe siècle, les Africains ont fait un effort immense pour justifier l’existence de la théologie africaine et même pour montrer à quel point elle était nécessaire, tandis que les Européens la considèrent plutôt comme une déviation intolérable de l’Evangile. Trois citations peuvent éclairer et confirmer cette opposition au sujet de la théologie africaine:
« Nous n’avons d’autre désir que de promouvoir ce que vous êtes: chrétiens et Africains… L’expression, c’est-à-dire le langage, la façon de manifester l’unique foi, peut être multiple et par conséquent originale, conforme à la langue, au style, au tempérament, au génie, à la culture de qui professe cette unique foi. Sous cet aspect, un pluralisme est légitime, même souhaitable. En ce sens, vous pouvez et vous devez avoir un christianisme africain. »
« L’expression « théologie africaine »… porte en elle le danger du syncrétisme. C’est pourquoi elle est considérée avec soupçon. Il est préférable de parler de « théologie chrétienne » et de définir, ensuite, à quel contexte elle se trouve reliée, par exemple les reflets d’Afrique. »
« Reconnue par le pape Paul VI, lors de sa visite en Ouganda en 1969, l’expression, devenue un des mots clés dans la théologie africaine, a déjà été citée si souvent qu’on en a presque le dégoût!… Le bilan que l’on a essayé d’esquisser a quelque peu montré comment la théologie africaine est une heureuse entreprise et comment les pionniers de cette théologie étaient des hommes courageux. »
Comme il serait fort malaisé de parler de la « théologie africaine » sans tenir compte du contexte historique de sa naissance, nous présenterons d’abord, brièvement, deux types de théologies missionnaires: la théologie du « salut des âmes », et la théologie de l’« implantation de l’Eglise ». Ensuite, nous évoquerons la genèse de la théologie africaine avant d’étudier son évolution. Enfin, nous présenterons quelques conclusions. Nous tenterons de visualiser chaque (pré)phase de la théologie africaine à l’aide d’un schéma montrant son but, sa façon de considérer les traditions religieuses africaines et ses exécutants. Dans le présent article, nous insisterons sur les aspects théologiques et la tradition ecclésiale catholique romaine.

 

Quatre portraits du Christ dans la théologie africaine

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Mis à jour le 01/10/2008 à 11h48

Il importe de savoir ce que le Christ est pour les Africains, mais plus encore ce que les Africains deviennent avec le Christ.

«Qui suis-je, au dire des hommes ?» C'est à Césarée de Philippe que Jésus posa cette question à ses disciples. Ceux-ci étaient bien renseignés sur les opinions qui circulaient à son sujet. «Et vous, qui dites-vous que je suis ?» Jésus ne se satisfait pas de ce qu'on pense de lui. Il attend de la part des disciples une parole qui les engage.

«Tu es le Messie», répondit Pierre. Chaque époque se trouve devant ces mêmes questions. Ce sont les réponses de l'Afrique que nous fait entendre dans ce livre Étienne Kaobo Sumaïdi. Prêtre du diocèse de Kamina (RD-Congo), il a interrogé les théologiens africains : comment ont-ils décliné l'identité du Christ en Afrique depuis 1956 ?

Sans établir des barrières étanches entre eux, l'auteur croit pouvoir discerner quatre courants assez typés : l'inculturation, la théologie noire, la libération, la reconstruction. Alors que la théologie de l'inculturation s'est construite autour de l'axe de la culture, en lien avec les religions traditionnelles de l'Afrique, la théologie de la libération s'est développée à partir de la pauvreté sous toutes ses formes; la théologie noire quant à elle, en expansion en Afrique du Sud, se comprend à partir de la race, et la théologie de la reconstruction à partir de la responsabilité face à l'avenir.

Le courant de l'inculturation, le mieux connu en Europe, a pris naissance précisément dans le contexte du défi que représentait la domination occidentale. Il s'inscrit dans le mouvement général de réhabilitation des cultures africaines méprisées. C'est dans ce cadre d'une revendication d'identité que les théologiens africains vont repenser la christologie.

Ils vont largement puiser dans la mémoire de l'Afrique les éléments leur permettant d'exprimer le mystère du Christ. Ainsi Jésus-Christ va être désigné et célébré sous les titres d'ancêtre, d'initié et de maître d'initiation, de guérisseur, de chef ou d'aîné.

La coloration de la théologie de la libération, comme de la théologie noire, est plus politique. Même si elle se reconnaît des affinités avec la théologie latino-américaine, la théologie de la libération a pris en Afrique trois directions spécifiques : Jésus-Christ «libère» l'homme africain de la négation et du mépris dont il a été victime; il «libère» des structures de domination, d'oppression, d'exploitation; enfin, il «délivre» de la maladie et des puissances démoniaques.

De son côté, c'est face au christianisme des Blancs, parfois justifiant le racisme, que la théologie noire identifie le Christ avec les Noirs pour les conduire à une pleine humanité. Ces deux courants posent la question du salut historique de l'homme et de sa destinée ultime en Jésus-Christ.

Tout en étant très critique à l'encontre des courants précédents, Kâ Mana, le pionnier du quatrième courant, ne les ignore pas. Il recourt au terme de «reconstruction», à partir du fait que, l'Afrique étant en partie chrétienne, le christianisme est désormais une affaire interne à l'Afrique.

À ses yeux, il ne s'agit pas seulement de savoir ce que le Christ est «pour» les Africains, mais aussi ce que les Africains deviennent «avec» le Christ. Jésus-Christ doit devenir un «ferment anti-fatalité» contre l'afro-pessimisme. À sa suite, il s'agit, pour le chrétien africain, de prendre sa responsabilité dans l'histoire et face à l'avenir. Il s'agit de reconstruire à neuf.

Quel que soit le courant choisi par ces théologies, le Christ est aux côtés des Africains. Il n'est pas venu détruire, mais accomplir l'homme africain. Telle est la conviction qui traverse toutes ces christologies. Kaobo Sumaïdi, qui s'appuie sur une abondante documentation, apporte ainsi la preuve non seulement que la christologie africaine existe, mais qu'elle existe au pluriel. Si elle est aujourd'hui une voix parmi d'autres, c'est une voix encore trop discrète. En tous les cas, elle n'a pas fini de se faire entendre.

MARCEL NEUSCH